Je crée pour assouvir mon propre besoin d’exister...

La conception de mon travail tourne autour de l’idée de structure humaine comme lieu d’investigations émotionnelles. Je crée une translation entre le corps, le moi et l’autre, puis les autres et enfin l’espace. Le rythme composant l’œuvre se dissout, l’image s’ef-fondre, sans toutefois perdre sa matérialité. La texture des tableaux commence à rejoindre la notion de sculpture; ce n’est plus de la peinture, ce sont des traces de passage, des éclats de lumière qui s’accrochent à la surface. Je tais les bruits des couleurs. Le jeu de transparence enveloppe l’espace et trouble la vision pour que ne subsiste plus cette exigence de penser. Les blancs, quant à eux, parfois timides mais souvent insolents, envahissent l’espace et font perdre toute notion temporelle, toute référence au lieu. Il ne reste que l’imagination, que l’impression d’un peut-être.

Éphéméride du temps, accumulation de segments temporels, le présent ne peut figurer au sein de mon œuvre. Il est question d’un passé, surtout d’un futur, mais la place du présent ne tient plus, il n’a lieu d’être qu’au moment de vie de l’œuvre, il est déjà révolu. Le temps n’a plus d’emprise; il s’essouffle, s’effondre. La nécessité de trouver des repères s’impose devant ce qui se manifeste comme une errance de la pensée ou une représentation sans but. Je montre de manière troublante les choses et les êtres dans cet univers matériel de traces où l’identité reste en suspens. Dans ce travail d’émulsion, ce qui se révèle comme formes fragiles et hésitantes, n’est qu’une imageconcrète confrontée à nulle autre que son empreinte, à une proche parenté que nous oublions de voir ou que nous ne sommes pas disposés à considérer.

Une mise en abîme du temps, un effondrement dans la structure temporelle pour en-gendrer chez le regardeur l’exigence de penser, voilà ce que j’investis dans la concep-tion de mon art. L’image ou l’objet d’œuvre se transforme et laisse place à un nouveausens. Il ne reste enfin que des impressions, un semblant de déjà-vu suggéré dans le tableau.

Espaces et personnages transgressent la réalité formelle des perceptions et définissent l’enjeu de nouvelles perceptions.  Ainsi, l’immatérialité de l’image, sa régression vers l’informel, cherche à favoriser le déploiement de son sens de manière à permettre un rapprochement entre l’artiste et le regardeur. Dans mon processus de création, l’aspect de l’œuvre ne couvre pas l’interprétation. Le sujet s’impose, ses formes indéfinies jouxtant l’espace pour saisir l’infini. 

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I create to fulfil my own need to exist...

My work is imagined around the notion of human structure as emotional investigation space. I create a transfer between body, self and the other, between the others and finally the environment. The materiality of the work is retained but its inherent rhythm dissolves, its image crumbles. The canvass gradually exhibits textures reminiscent ofsculpting; the notion of painting fades away to let through traces of transition, bursts of light clinging to the surface. I hush the noise of colours. Transparencies shroud the space and blur the vision, forcing the mind to abandon sensory expectations. For instance, timid yet often impertinent whites sweep through the canvass, obscuring all no-tions of time, all references to space. Remains only the imagining, the impression of amaybe.

Time ephemeris, gathering of temporal segments; the present is not depicted in mywork. Only the past, and mostly the future, matter. The present is not represented any-more and merely exists at the birth of the work, therefore rapidly becoming bygone. Time loses its grip, its momentum; it collapses. From what seems as a wandering of thought or a pointless representation arises the necessity to find points of reference. In these material universes of traces, I represent in a troubling way things and beings in aspace of suspended identity. In this play of emulsions, what reveals it self as an assembly of fragile and hesitant shapes is in fact a concrete image confronted to none otherthan its own imprint or, in other words, to an out-of-sight out-of-mind attitude to wards a close forgotten relative.

A “mise-en-abime” or deep divide of time, a temporal structure collapse to prompt imperative thought on the part of the viewer, this is what I invest in my artistic design. The work’s image or object transforms itself and opens up to new meaning. The end resultsare impressions, a sense of “déjà-vu” suggested in the painting.

Spaces and characters transgress the formal reality of perceptions and define new per-ceptive stakes.
Therefore, the image’s immateriality, its regression towards the informal, seeks to pushtowards the revelation of its meaning in a way that eases the encounter between artistand viewer. In my creative process, the work’s aspect does not veil the interpretation. The subject asserts it self, and its undefined shapes adjoin the space to grasp infinity. 


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